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L’ascension éclair de Myriam El Khomri, nouvelle ministre du travail

La secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville succède à François Rebsamen, qui a démissionné.

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Publié le 02 septembre 2015 à 14h50, modifié le 03 septembre 2015 à 06h52

Temps de Lecture 3 min.

Entrée dans l’équipe de Manuel Valls lors du dernier remaniement, Myriam El Khomri a séduit l’exécutif par son travail et sa présence sur le terrain.

C’est un léger remaniement qu’ont opéré François Hollande et Manuel Valls, mercredi 2 septembre. En nommant Myriam El Khomri au ministère du travail, en remplacement du démissionnaire François Rebsamen, le président de la République et le premier ministre créent la surprise avec la promotion éclair de celle qui était jusque-là secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville. Son précédent portefeuille sera repris par son ministre de tutelle, Patrick Kanner. En revanche, avec ce remplacement poste pour poste, ils limitent la portée politique de ce changement au gouvernement.

Pourtant, la tentation d’avancer le grand remaniement prévu au moment des élections régionales à la fin de 2015 a traversé les esprits. Le premier ministre semblait prêt dans un premier temps à rebattre fortement les cartes sans attendre le résultat des élections régionales, en décembre. « Toutes les hypothèses ont été envisagées ces derniers jours », reconnaît un conseiller. L’implosion d’Europe Ecologie-Les Verts avec le départ des deux présidents de groupe à l’Assemblée nationale et au Sénat, François de Rugy et Jean-Vincent Placé, a changé la donne politique en cette rentrée.

Fallait-il opérer dans la foulée la recomposition de la majorité en intégrant dans le dispositif des écologistes progouvernement et quelques représentants des autres partenaires de gauche ? François Hollande a choisi de temporiser et de voir comment va se terminer la crise à EELV. « Valls était plus allant que Hollande sur le sujet, mais il n’a pas la même vision que le président du rassemblement avec les écologistes », confie un ministre proche du chef de l’Etat. « Hollande ne veut pas donner le sentiment d’utiliser de manière purement politicienne la division chez les écolos. Cela pourrait être mal vu dans l’opinion et aggraver encore la cassure avec Duflot avant la présidentielle », précise un proche du président.

Une formidable ascension

En retardant le remaniement, l’exécutif se garde également une cartouche pour les régionales. « Un remaniement, cela se fait devant les Français, il faut qu’il ait du sens », a expliqué en petit comité Manuel Valls. « Il faudra avoir une réponse politique à la future défaite électorale », complète une ministre.

Pour Myriam El Khomri, il s’agit d’une formidable ascension dans la hiérarchie gouvernementale. « Je mesure la responsabilité qui est la mienne. Comptez sur ma combativité et ma détermination au service des Français », a-t-elle déclaré sur son compte Twitter peu de temps après sa nomination.

Entrée dans l’équipe de Manuel Valls lors du dernier remaniement, Myriam El Khomri a rapidement séduit l’exécutif par son travail et sa présence sur le terrain. Elle faisait partie ces derniers mois des jeunes membres du gouvernement régulièrement cités en exemple. Auparavant, elle s’était fait connaître à la mairie de Paris, où elle était chargée des questions de sécurité.

En revanche, le droit du travail n’a jamais fait partie de ses spécialités, ce qui la rapproche du profil de François Rebsamen, qui n’aura pas marqué de son empreinte le poste. Alors que le dossier du chômage sera l’un des plus importants dans les mois à venir, c’est davantage son aptitude à la communication qui semble avoir primé dans le choix de l’exécutif, qui a écarté un profil comme celui d’Alain Vidalies, expert du code du travail, mais moins à l’aise médiatiquement.

Une lourde mission

La nouvelle ministre a la lourde tâche d’assumer la promesse présidentielle d’« inversion de la courbe du chômage », sur laquelle est indexée une éventuelle nouvelle candidature de François Hollande en 2017. Alors que les mauvais chiffres s’empilent mois après mois, elle aura pour mission de mettre en application les conclusions du rapport Combrexelle sur une évolution du droit du travail, qui devrait être remis au premier ministre fin septembre.

S’il ne s’agira pas de toucher globalement aux trente-cinq heures – le premier ministre l’a encore rappelé à La Rochelle –, les négociations de branche pour modifier les conditions ou le temps de travail pourraient être encouragées. Le débat pourrait se révéler compliqué au sein d’un Parti socialiste déjà à cran. Mme El Khomri devra en outre gérer les négociations difficiles avec les syndicats.

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