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Alors que la guerre en Ukraine s'enlise depuis plus de deux ans, face à la Russie, le président de Debout la France et député de l'Essonne assure que la France "se trompe de conflit". "Je demande une nouvelle fois qu'on arrête la propagande folle contre la Russie", martèle-t-il, évoquant un "contre-sens géopolitique".

Peut-on être neutre vis-à-vis de l'invasion russe en Ukraine ? L'Assemblée nationale française a apporté à la mi-mars un large soutien à l'accord de sécurité entre Paris et Kiev et Emmanuel Macron a multiplié les annonces depuis le début du conflit, se plaçant même à plusieurs reprises en médiateur entre les deux pays. Pour autant, des voix dissonent. "Je regrette qu'on se trompe de conflit. Et je demande une nouvelle fois qu'on arrête la propagande folle contre la Russie", assure ce mardi matin Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France lors de la Grande interview Europe 1-CNews.

"Propagande folle"

"Le conflit entre la Russie et l'Ukraine est un conflit local, ancestral, tragique, fratricide entre deux peuples frères qui ont vécu ensemble 400 ans. Et j'estime que la France commet un contre-sens géopolitique, historique à mettre de l'huile sur le feu", martèle le député de l'Essonne, affirmant que "le vrai défi, c'est l'islamisme qui gagne". 

Contrairement à bon nombre de ses collègues députés, Nicolas Dupont-Aignan se déclare "totalement neutre" face au conflit ukrainien. Au micro de Sonia Mabrouk, il plaide pour une démilitarisation de l'Ukraine et une non-intervention de l'Otan pour faciliter la paix. Pour le gaulliste, il en va même de l'avenir de l'Union européenne. "Il faut arrêter ce délire. Je ne dis pas que Poutine a raison sur tout. Je suis totalement neutre. Je dis simplement il ne faut pas qu'il y ait de vainqueurs et de vaincus. Il faut la paix. Et cette paix est possible", affirme-t-il.

Citant les propositions de Jacques Chirac et Dominique de Villepin au moment de la "révolution orange" en Ukraine en 2004, qui souhaitaient une "zone démilitarisée", Nicolas Dupont-Aignan regrette les décisions de la communauté internationale prises par la suite. "L'Ukraine a bombardé le Donbass, Poutine a agressé l'Ukraine. Les torts sont partagés", ose-t-il. "Si on ne comprend pas dans la petite tête des Occidentaux que cette guerre est le suicide de l'Europe au XXIᵉ siècle, si on ne comprend pas qu'il y a des priorités et des choix à faire, et bien l'Europe sortira de l'histoire", finit-il par conclure.